Actualité Institutionnelle

L’autonomisation économique des jeunes africains au cœur de la 3ème édition du SIETTA

Abidjan a abrité du 8 au 10 novembre 2018, la 3ème édition du Salon international des équipements et des technologies de transformation de l’anacarde (SIETTA), placée sous le haut patronage du Vice-Président ivoirien de la République, SEM Daniel Kablan DUNCAN et la présidence du Ministre du Commerce, de l’artisanat et de la promotion des PME, M. Souleymane DIARRASSOUBA. Si l’épineuse question de l’emploi des jeunes en Afrique s’est explicitement invitée à ce rendez-vous économico-commercial à travers le thème central : « Transformation de l’anacarde, une mine d’opportunités pour l’autonomisation de la jeunesse africaine », le rôle prépondérant de la femme dans le développement de la filière n’a pas été occulté. Cela s’est confirmé par un panel dont l’un des ateliers avait pour thème : « Rencontre des Femmes actrices de la filière Cajou », auquel participait Mme Traoré Assita, Directeur du Département Cultures d’Exportation et Productions Forestières (DCEPF) au FIRCA.

A l’ouverture de la 3ème édition du Salon international des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde (SIETTA 2018), le 08 novembre dernier, le Vice-Président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, a mis en avant tout le potentiel que représente l’anacarde pour la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes. « L’anacarde est l’un des produits dont il faut développer la transformation eu égard à son potentiel de création d’emplois et de richesses et à son impact sur les autres secteurs industriels, notamment celui des emballages, de la logistique et des transports », en vue d’offrir plus d’opportunités de création d’emplois pour les jeunes et les femmes, a-t-il déclaré.

Rapportant des chiffres publiés par l’Union africaine, Daniel Kablan Duncan a affirmé que 11 millions de jeunes du continent font leur entrée chaque année sur le marché du travail. Mais seulement 3 millions d’emplois sont créés. Plus de 70% des jeunes africains vivraient donc avec moins de 2 dollars par jour. Que faire ? La promotion de l’agro-industrie demeure une des solutions pour absorber les jeunes, car l’Afrique est abondamment pourvue de ressources agricoles. Pour illustration des experts soutiennent que la transformation de 1.000 tonnes de noix brutes de cajou peut générer 200 emplois directs, essentiellement pour les jeunes et les femmes.

Le Vice-président ivoirien a déploré qu’en dépit de son poids de plus en plus croissant dans l’économie et ses nombreuses possibilités de diversification, l’industrie du cajou soit encore peu compétitive. Il a pointé du doigt la faiblesse des capacités technologiques comme une des contraintes majeures à la transformation des noix brutes de cajou en Afrique. En Côte d’Ivoire en particulier, l’industrie de l’anacarde pourtant (premier producteur mondial de noix brutes) est fortement tributaire des équipements conçus en Asie. Les coûts d’acquisition, de transport vers les pays producteurs du continent et de maintenance sont prohibitifs.

C’est pourquoi, il a appelé à la mise en œuvre d’actions idoines, en l’occurrence, le renforcement du cadre incitatif à l’investissement privé dans la filière, le relèvement de la qualité et la productivité par des formations adaptées. Le Vice-Président de la République a également souligné la facilitation de l’accès à la technologie, notamment en travaillant à promouvoir les transferts de technologies et surtout le développement local des technologies, équipements et pièces de rechange adaptées aux besoins des entreprises et la facilitation de l’accès au financement de la filière.

Pour Souleymane DIARRASSOUBA Ministre du Commerce, de l’industrie et de la promotion des PME, cette édition 2018 se veut une plate-forme d’exposition, de démonstration, de vente d’innovations en matière de transformation et d’échanges entre les professionnels du secteur. Il a ajouté que : « les exportateurs sont tenus de justifier d’avoir vendus 15% de leurs productions à des opérateurs locaux avant l’obtention d’autorisation d’exporter », faisant savoir que les capacités de transformation installées sont passées de 52.200 tonnes en 2013 à 119.350 tonnes en 2014 soit un accroissement de plus de 110%.

Soulignant que le défi pour le pays reste la transformation locale par la création des conditions d’accessibilité des investisseurs aux équipements et technologies de transformation, en vue d’accroître la valeur ajoutée, Souleymane DIARRASSOUBA a précisé que le gouvernement entend favoriser la transformation de 100 000 tonnes de noix brute au cours de cette année 2018.

A cet effet, Dr Aka ANGNIMAN Pierre, ex-Directeur Exécutif du FIRCA et actuel Conseiller Spécial du Premier Ministre ivoirien, a demandé aux producteurs d’adopter l’attitude d’adaptabilité qu’il faut en raison des fluctuations régulières que subi le prix d’achat de l’anacarde.

Pour atteindre les objectifs de transformation de 100 000 tonnes de noix brute que s’est fixé la Côte d’Ivoire et pour « amplifier » l’industrialisation de la filière, le pays s’est doté d’un programme de promotion de compétitivité de la filière anacarde (PPCA) que le Commissaire Général du SIETTA et le DG du Conseil Coton-Anacarde, s’est fait fort de présenter. Par ailleurs pour soutenir le PPCA, dont deux composantes sont mises en œuvre par le FIRCA, un accord de financement de 200 millions de dollars (111,09 milliards F CFA) a été signé avec la Banque mondiale.

Plusieurs activités dont des expositions, des démonstrations et ventes d’équipements, de produits et de services, des ateliers, des conférences, des rencontres B2B étaient en effet au menu de ce salon.

Ainsi, le Directeur du Département Cultures d’Exportation et Productions Forestières (DCEPF) au FIRCA, Mme Traoré Assita, figurait au nombre des femmes qui ont animé le thème sur la « Rencontre des Femmes actrices de la filière Cajou ». Elle a mis le doigt sur les difficultés d’accès à la terre dont sont victimes les femmes et les jeunes, avant de proposer des voies de sortie.

Notons que le FIRCA a marqué sa participation à cette rencontre mondiale des acteurs de la filière anacarde en plus de sa contribution aux différents panels à travers l’animation du stand qui lui était dedié, qui a offert aux participants, tant, de la documentation que la possibilité de déguster différents mets à base de farine locale enrichie à l’amende de cajou. Le bilan de la participation du FIRCA au SIETTA 2018 a d’ailleurs été dressé par son Chargé de Programme anacarde.

C’est le lieu de signaler que la production ivoirienne de l’anacarde a connu une forte progression ces dernières années, passant de 350.000 tonnes en 2009 à 711.236 tonnes en 2017, ce qui a fait de la Côte d’Ivoire, le premier producteur et exportateur mondial de noix de cajou brute depuis la fin de la campagne 2015, avec près du quart de l’offre mondiale. Cette production, qui est le fait de plus de 250 000 paysans ivoiriens, fait vivre plus de 1,5 million de personnes.

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