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Journée mondiale de la femme

Les femmes ivoiriennes, taxées de ‘’sexe faible’’ dans l’opinion publique, jouent un rôle significatif dans l’économie de la Côte d’Ivoire essentiellement basée sur l’agriculture. Selon une étude du Bureau national de la population (BUNAP), elles sont majoritairement représentées dans le milieu rural, où elles occupent 55 % des activités agricoles, de pêche et d’élevage.

Des experts des politiques macro-économiques soutiennent que la production vivrière qui représente 70 % de la valeur ajoutée agricole et qui contribue à la sécurité alimentaire est en majorité assurée par les femmes. Elles font la collecte, le stockage, le transport, la conservation, la transformation, la distribution et la commercialisation. Et l’on remarque que les femmes rurales en Côte d’Ivoire, accèdent progressivement à la propriété foncière et gèrent des exploitations agricoles relativement importante (plus de 10 ha) pour des produits diversifiés : café, cacao, ananas, bananes, hévéa, palmier à huile, manioc, maïs, ignames, légumes, etc.

Selon Mme Marie DISATU, planteur de palmier à huile à Divo, l’obligation de combiner sa fonction traditionnelle de femme au foyer ou de mère, à son rôle de productrice exercé dans un contexte bancaire défavorable, avec un accès difficile aux terres agricoles, n’ébranle plus la femme. Bien au contraire, c’est une source supplémentaire de motivation.

Sa propre émancipation est une donnée fondamentale dont la femme a conscience. Pour y arriver, elle ne ménage aucun effort pour surmonter les pesanteurs sociales et les difficultés de tous ordres. Selon une étude du BUNAP, l’occupation économique des femmes ivoiriennes est marquée par sa diversité. Une fonction dans l’administration ne les empêche pas par exemple de se consacrer à la terre.

Quelle que soit l’activité considérée, sa pratique comporte les stigmates de l’insuffisance de son promoteur, reconnait M. BROUGROU Barthélémy, Directeur Exécutif de la Coopérative des Palmculteurs Sud-Bandama Divo. Outre les carences évoquées plus haut, on peut ajouter le manque de professionnalisme : formation effectuée sur le tas, capital initial souvent insignifiant. Main d’œuvre composée d’aides familiales, etc. Pour contourner ces difficultés et tirer profit de leur métier, les femmes se constituent en coopérative où adhèrent à celles déjà existantes.

Bien que d’une façon générale, toutes les parties concernées par la promotion de la femme soient convaincues de la nécessité d’améliorer concrètement son statut, ses conditions de vie et de travail, il existe un large fossé entre le discours et la réalité. En fait, malgré son incontestable contribution à l’œuvre de construction nationale, le travail féminin est sous-évalué dans les statistiques et les comptes nationaux. C’est en cela que réside la discrimination la plus criante dont elle est victime.

Ne pas reconnaître que le labeur qu’elle effectue à longueur de journée, les efforts, l’énergie qu’elle dépense grâce à son expérience et à son savoir -faire sont des données quantifiables et estimables économiquement et socialement, est en soi une injustice, soutient Mme SOUHONE Lekpeli Simone, institutrice et productrice agricole basée à Divo.

C’est pour cela que, considérer l’allégement des tâches féminines comme un préalable à la promotion de son statut ne relève pas d’une conception moderniste, progressiste de la question. C’est, au contraire, un devoir moral de rendre, d’humaniser, un tant soit peu, l’environnement dans lequel évolue la femme ivoirienne et un droit pour celle-ci. Cela, afin qu’elle continue de donner la pleine mesure de son rôle dans la sécurité alimentaire et de son ingéniosité pour que survivent et vivent décemment les familles, dans un futur proche.